mercredi 10 août 2011

L’utilisation de l’iPad dans le sport




De nombreuses personnes s’interrogent encore sur les domaines d’utilisation des tablettes numériques qui inondent le marché, notamment celle qui domine de la tête et des épaules ses concurrentes : l’iPad.

Les sportifs et leurs tablettes
S’il est un secteur ou l’utilisation d’une tablette numérique a du sens et permet des évolutions notables des pratiques, c’est peut être celui du sport.
En effet, que ce soient les observations sur les bouts de papiers, les tactiques sur le tableau blanc des vestiaires, le rétroprojecteur de la traditionnelle séance vidéo, l’iPad semble répondre à un besoin de réunir plusieurs pratiques quotidiennes du coach et du sportif en un seul média, mobile, portable et pour ne rien gâcher, sexy.
Ainsi, sans parler des applications qui fleurissent pour le grand public pour se mettre à faire des abdos, mesurer ses performances cardiaques ou entretenir sa condition physique, la tablette peut être un véritable soutient technologique pour une organisation sportive.
Finit la plaquette et le feutre Velléda au bord du terrain, l’iPad, grâce à des applications gratuites comme les playbook virtuels, permet d’avoir sa plaquette et son playbook numérique. Après un moment d’adaptation, le coach peut sans soucis montrer ses stratégies à ses joueurs sur le bord du terrain par tablette interposée. Si cette pratique est pour l’instant marginale, il sera intéressant de constater si à l'avenir, elle peut engendrer une meilleure concentration des joueurs vis à vis d’un support innovant, rétro-éclairé et animé.

Vidéo et portabilité.
L’une des principales forces des tablettes par rapport à d’autres médias, est son rapport entre sa portabilité  (beaucoup plus léger qu’un ordinateur) et sa capacité à proposer un écran large et de qualité (plus agréable que sur un smartphone).
Ainsi, les coaches et leurs athlètes peuvent pleinement profiter de ces attributs, notamment pour incorporer plus de vidéos dans leur mode de fonctionnement.
Comme le montre cette vidéo de Gary Gold, l’assistant coach de l’équipe de rugby d’Afrique du sud (en anglais désolé) :
 Où il explique comment les analystes vidéo renvoient des clips aux coaches sur l’ipad pendant le match ou l’entrainement, afin que les springboks puissent débriefer instantanément leurs actions sur l’iPad et visualiser les points à améliorer et les stratégies à développer.

Au delà de la fonction de visualisation de la vidéo dans des environnements peu propices, certaines applications peuvent permettre à l’Ipad de devenir un véritable outil d’analyse vidéo. Ainsi l’application CODA de la société Sportstec, utilisée notamment par l’équipe de France de Rugby et de Football ou encore le FC Barcelone, permet d’isoler les actions clefs à partir de l’iPad, pour que à la mi-temps ou à la fin d’un match, le montage du match soit réalisé afin de revoir n’importe quelle action, avec en plus des éditions de rapports statistiques. Pep Guardiola peut ainsi très rapidement à la pause, consulter quelques actions défensives défaillantes de son équipe ou de l'adversaire, isolées par ses analystes vidéo.
 Les coaches de l’équipe de France de Rugby seront par exemple pour la prochaine coupe du monde de rugby en Nouvelle Zélande assistés par des analystes vidéo à Marcoussis qui feront le séquençage et l’analyse des matches à distance.
Quand à l’équipe de France de football, voici un exemple de leur fenêtre d’analyse utilisée sur l’iPad. Du fait du nombre de boutons importants, deux assistants coaches sont nécessaires, un pour aboyer les actions et un autre pour appuyer sur les boutons.









Autre exemple de fenêtre d’analyse, celle de Fos sur Mer (Pro B : deuxième division basketball) cette fois-ci utilisée sur l’iPhone. Ici se sont les systèmes de jeu et leur rentabilité qui intéressent le coach.




 Trois boutons sont à actionner par action : la possession (Fos ou son adversaire), le système de jeu joué, et la conclusion de l’action (panier réussi ou non). Toutes ces statistiques seront reliées à la fin du match à la vidéo dans le Mac du coach et de son logiciel d’analyse vidéo (Sportscode dans ce cas-ci)

Arbitrage vidéo
Ces technologies peuvent aussi permettre à des sports moins dotés financièrement, de s’équiper d’innovations ''bon marché'' pour gérer des problématiques qui peuvent sembler coûteuses.
Par exemple pour mettre en place l’arbitrage vidéo pour les sports non télévisés, actuellement la solution d'installer plusieurs caméras professionnels pour avoir un retour vidéo sur un moniteur est très coûteuse. En effet, la main d'oeuvre, l'installation et le matériel reviendraient à plusieurs milliers d'euros pour couvrir un seul match.
Avec quelques idées et sans énormes moyens, certaines technologies, dont l'ipad, peuvent permettre d'assurer l'arbitrage vidéo.  Ainsi avec une  ou deux caméras, un mac (la référence pour le travail vidéo), un iPad à disposition de l’arbitre, et un logiciel de débriefing vidéo comme Sportscode, il est possible, à l’instar des ligues sportives majeures, d'avoir des retours vidéos sur des actions litigieuses à n’importe quel moment du match et sans se ruiner. Le schéma ci-dessous détail la procédure :



Pour toutes ces raisons, les tablettes numériques deviennent de formidables outils pour faire progresser le monde du sport.

jeudi 7 avril 2011

L'échange vidéo dans le sport français


Une technique indispensable

Aujourd’hui, dans le sport de haut niveau, l’analyse vidéo est essentielle pour mettre toutes les chances de réussite de son côté. Scouter son adversaire, exploiter ses faiblesses, corriger les erreurs de son équipe…les coaches ont beaucoup à gagner de la vidéo.
Encore faut-il pouvoir y accéder. Entre les matches télévisés et internet, il est facile pour un fan de se délecter de basketball. Mais tous les matches ne sont pas sur internet, et encore moins à la télévision quand il ne s'agit pas de football.
Comment font donc les équipes des différents sports pour accéder aux vidéos de leur championnat?
A l’ancienne par un échange de vidéo ou de dvd entre les clubs?
Non, les ligues et la fédération utilisent des serveurs internets  pour mettre en ligne tous les matches des championnats, qui sont à disposition des équipes grâce à un mot de passe et un login. Nous allons nous attarder sur le serveur appelé sportstec exchange, mis en place par la société sportstec pour le basketball et le volleyball français.
En utilisant les connaissances acquises pendant 3 ans, pour fournir une solution afin d’administrer et d’accueillir une multitude d’échanges vidéos de différentes équipes, la LNB, la LFB , la FFBB, la FFVB et la ligue de volley française, ont travaillé sur le développement de cet outil afin d’organiser les échanges vidéos entre les équipes et les entraineurs.

Photo 1 ci-dessous :

Chaque membre à sa propre page d’accueil où il lui est rappelé la vidéo qu’il doit télécharger (onglet en rouge)  et un listing des précédents matchs de ses deux prochains adversaires. L’accès est simple et rapide pour télécharger, d’un simple clique, les vidéos qui vont servir aux coaches à préparer les prochains plans de jeu.

Photo 2 ci-dessous :

Le calendrier complet permet d’accéder facilement à toutes les vidéos de matchs répertoriées dans l’ordre chronologique :

Photo 3 ci-dessous à gauche :

Afin d’avoir un accès rapide à une vidéo spécifique, la fonction de recherche vous aide à localiser rapidement toutes les vidéos de la plateforme qui contienne le mot clef défini.

Photo 4 ci-dessous :

Où que vous soyez dans l’interface, un simple clique  sur la ligne d’une vidéo sélectionnée ouvrira une fenêtre : cette fenêtre donne l’accès à toutes les vidéos téléchargées pour un événement. Il faut juste choisir dans quel format télécharger la vidéo pour que votre fichier vidéo soit apte à fonctionner avec des logiciels d’analyse et de montage.

Les
 documents peuvent être  uploadés (feuilles de match, statistiques etc), et ils seront classés dans la même fenêtre, prêt à être téléchargés. De plus, il est possible de regarder la vidéo en streaming au lieu de la télécharger. La plateforme peut aussi convertir automatiquement chaque vidéo dans un format streaming. Il est donc possible de regarder instantanément la vidéo en cliquant dessus. Cela fonctionne aussi bien sur ordinateur que sur iPad.
Ce travail de l’ombre est inconnu du grand public, mais permet à nos différents championnats de proposer une compétition plus compétitive et professionnelle.

lundi 10 janvier 2011

De Michel Ange à Allen Iverson, deux vies, deux époques, deux destins

Voici un article qui inaugure ma participation (bénévole!) au site basketman.fr comme rédacteur régulier. Cela me permettra notamment de mettre à jour plus souvent ce blog. Bonne lecture!



Que vient faire Michel Ange sur un blog de sport et qui plus est, dans un article qui parle d’Allen ‘Only The Strong Survive’ Iverson, star du basketball américain ? C’est vrai qu’entre Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni, peintre, sculpteur, poète, architecte et surtout génie de la renaissance italienne, à qui l’on doit notamment les chefs d’œuvre que sont le David, la Chapelle Sixtine ou le dôme de Saint-Pierre… et notre idole à tous, Allen Ezail Iverson, basketteur américain, MVP en 2001, deuxième meilleur marqueur de l’histoire des Sixers, deuxième meilleure moyenne de points par match en play-off de l’histoire de la NBA, quatre fois meilleur marqueur de la NBA, etc…vous me direz qu’ils sont loins de partager quoi que ce soit, ou d’avoir un semblant de point commun.
Et pourtant …

 

De Constantinople à Istanbul, une star du sport américain des années 2000 sur les traces de l’un des plus grands artistes du 16ème siècle

Et pourtant, ces deux personnages, aussi éloignés l’un de l’autre qu’un Pierre Ménès et un Stendhal, ont à un moment de leur vie, été sollicités pour exercer leur talents sur les rives du Bosphore.
Si tous les fans de basket savent que A.I finit actuellement sa carrière dans le club d’Istanbul, le Besiktas Colaturka, peut être qu’ils sont moins nombreux à savoir qu’il y’a 5 siècles, Michel-Ange arriva à Constantinople (le nom d’Istambul à l’époque) en 1506 pour lancer le chantier d’un gigantesque pont qui relierait les deux rives de la Corne d’Or.
A l’époque, Michel-Ange peste contre Jules II le pape guerrier et autoritaire qui l’a si mal traité alors qu’il lui concevait un mausolée. Michel-Ange est orgueilleux. Michel-Ange a conscience d’être un artiste de valeur et surtout  Michel-Ange est méfiant à l’égard des puissants, devant lesquels il faut toujours s’abaisser. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelqu’un ?
A l’instar d’ Allen Iverson, Michel Ange va venir par appât du gain dans cette ville aux portes de l’Orient, alors qu’il n’est pas encore le célèbre créateur du plafond de la Chapelle Sixtine.
Les deux hommes, à une époque si différente, ont pourtant dû vivre une expérience similaire à leur arrivée. Entre l’Américain, issue des ghettos US, représentant de la « street culture » , et l’Italien, n’ayant jamais voyagé aussi loin jusqu’alors, on peut imaginer que leurs sentiments ont pu par moment se ressembler.
S’immerger dans une ville inconnue, observer, se laisser pénétrer par des fragrances singulières et, parfois, goûter à une cuisine inconnue… bien qu’aujourd’hui, Allen ne doit pas trop avoir de mal à trouver un bon burger !
Après le charme de la découverte, d’autres sentiments s’installent lors d’une expatriation. On s’ennuie, on doute, on s’emporte, on peut se méfier de ceux qui nous entourent, quand on sait d’expérience combien les jalousies peuvent être légion. Alors quand on est d’ un autre monde, d’une autre culture, on se rattache à quelque chose que l’on a plaisir à exercer. La balle orange pour Iverson, et les carnets de dessins pour l’artiste florentin.

Si loin, si près


 
Tandis que Michel Ange découvre les joies et les tourments du dilettantisme dans cette cité, il va s’enfermer dans sa chambre pendant des jours et s’abandonner dans des esquisses de détails entrevus dehors. Il ne pourra, malgré tout, finir ce pourquoi on l’avait convié, et sa venue restera le symbole d’un geste inachevé vers l’autre rive de la civilisation. Quand à Iverson, on attend toujours de voir si son séjour représentera l’emblème du coup marketing au détriment du sportif, ou celui de l’adaptation réussie entre deux mondes et deux basket différents.
Malgré tout, on peut dire que ces deux personnes, si opposées l’une de l’autre, ont à un moment donné de l’Histoire, dans leur domaine respectif,  influencé considérablement leurs contemporains, au point de voir évoluer l’Histoire de l’Art et le Basket-ball après leur passage.

L’article est inspiré du livre : Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, de Mathias Enard, éd. Actes Sud

jeudi 6 janvier 2011

L’analyse vidéo de la performance sportive: une approche anglo-saxonne qui peine à s’inscrire dans les pays latins.

Après une petite absence en décembre, voici le retour du blog! Pour bien commencer l'année 2011, petit post sur la différence d'utilisation des logiciels d'analyse vidéo entre les cultures latines et les cultures anglo-saxonnes.

Aujourd’hui dans le sport de haut niveau, l’analyse vidéo semble être un complément indispensable à la performance sportive. Afin de capturer le geste parfait, l’analyser en profondeur, favoriser l’élaboration d’une tactique, permettre le développement d’un athlète, identifier les secteurs et les détails clés du jeu, les logiciels d’analyse vidéo et statistiques sont devenus prépondérants pour le sport professionnel.
Aujourd’hui, plusieurs logiciels sont sur ce  micro-marché. Deux entreprises dominent ce dernier : Sportec : http://www.sportstec.com/
et Dartfish
D’autres logiciels existent, mais sont beaucoup moins performants, et se réservent plus à une utilisation amateur, comme le logiciel libre : Kinovea  www.kinovea.org/fr/ ou encore d’autres plus obscurs : perform live ou mv sport.
De plus en plus de sportifs et d'entraîneurs s’intéressent à l’utilité de ces logiciels. Le grand public aussi d'ailleurs, notamment par la démocratisation de l’analyse vidéo dans les médias télévisuels, avec les célèbres palettes de Philippe Doucet au canal football club, ou tout récemment celle de Jacques Monclar de l’excellente émission canal NBA.
Il est intéressant de noter que ces analyses vidéos dans les émissions sportives, sont assez peu utilisées (regardées?) en France, alors qu’elles pullulent depuis des années dans d’autres pays, le plus souvent anglo-saxons, par exemple aux Etats-Unis sur la chaîne ESPN.
Ce qui me donne une parfaite transition pour traiter le sujet de cet article, l’utilisation de l’analyse vidéo semble être une illustration de la différence de traitement de la performance sportive entre les pays latins et anglo-saxons.

Je m’explique. Les pays anglo-saxons, ont incontestablement une longueur d’avance, sur le recours à la technologie, et notamment avec la vidéo dans le coaching des athlètes. Pour des raisons culturelles, mais aussi économiques, les Etats-Unis et l’Australie sont des précurseurs d’utilisation de la technologie et de l’innovation dans l’accompagnement de la performance sportive. Ainsi, il est intéressant de noter que Sportstec est une société d’origine Australienne, qui a utilisé des logiciels d’analyse vidéo crées par l’institut du sport Australien, notamment pour les Jeux Olympiques de Sydney.  Cette société s’est ensuite développée dans les pays anglo-saxons, avec une très forte expansion aux Etats-Unis. Quand on connaît l’attrait des américains, pour les statistiques et les sports séquencés, comme le baseball ou le football américain, qui permettent de revenir instantanément sur une action, additionné à une propension à développer et utiliser de nouvelles technologies, un excellent logiciel d’analyse vidéo ne peut que prospérer sur un tel marché (cf les clients américains de sportstec : http://www.sportstec.com/Clients_Client_List_Global_Fr.htm )
 Ensuite les pays Asiatiques ont emboîté le pas des pays anglo-saxons. Ces pays ont vu leur attrait augmenté pour le support technologique dans le sport de haut niveau, et  ils ont donc commencé à développer l’analyse vidéo. Là aussi, les Jeux Olympiques de Pékin ont sans doute été déterminants pour la définition d’une approche ultra-professionnalisée du sport.

En Europe, le Royaume-Uni était le fer de lance de l’analyse vidéo , et c’est ensuite le milieu sportif Français qui se mit à adopter cette logique de soutien de la performance grâce à la technologie. La filiale française de Sportstec a d’ailleurs été créée à Marseille, il y’a six ans maintenant.
Lorsque l’on regarde les clients à travers le monde de sportstec ou de dartfish, on est frappé par la dichotomie que présente la proportion de pays latins par rapport aux pays anglo-saxons, dans les clients de ces deux sociétés. L’Espagne, l’Italie, le Portugal, mais aussi la Grèce, la Turquie, ou les pays des Balkans sont très peu représentés. Alors qu’ils restent des pays à très forte valeur ajoutée dans le sport de haut niveau, avec de nombreux clubs et de nombreux athlètes qui comptent parmi le haut du panier. En témoigne, les pays représentés par les derniers finalistes de la ligue des champions en football (Italie/Espagne), de l’Euroleague en basket-ball (Espagne/Grèce) ou encore de la coupe Davis en Tennis (Serbie).. 

Bien entendu, les sportifs de haut niveau de ces pays latins, utilisent sans doute la vidéo, mais ils semblent aussi y donner moins d’importance, que des sportifs de pays anglo-saxons. Si l'aspect financier et économique peut aussi expliquer pourquoi des équipes ne prennent pas d'assistant coach analyste vidéo à temps plein, il est tout de même intéressant de constater comment le facteur culturel peut influer dans le sport professionnalisé, et que dans ces pays latins, l’instinct et la propension à improviser, et sûrement tout aussi important qu’un plan de jeu parfaitement exécuté. C'est d'ailleurs un tout autre débat.

La maîtrise parfaite de cet instinct d’improvisation et des technologies qui permettent d’établir des stratégies complexes, est donc sans doute le futur proche de toute réussite sportive.

mercredi 24 novembre 2010

Mea culpa

Désolé de n'avoir pas posté d'articles ce mois-ci, je suis parti en espagne un petit moment, et j'ai consacré pas mal de mon temps libre à ma recherche d'emploi.
Pour m'excuser voici quelques photos prises lors d'un match de basket espagnol (Valence contre Saragosse) dimanche dernier. Superbe ambiance et merci à Léa pour les photos.





jeudi 28 octobre 2010

La routine et le rituel du sportif repris par le marketing: entre prière, talk et autres bracelets magiques



Aujourd’hui miracle, un article qui ne traite pas de basket-ball et que j’ai voulu avec un ton un peu moins universitaire que les autres. Je vais essayer d’aborder le sujet l’utilisation commerciale des routines et des rituels sportifs.



« d’abord la chaussette gauche… », beaucoup de sportifs de haut niveau (et de sportifs amateurs) ont besoin d’une routine pour se créer un environnement de concentration propice à la performance. Une routine est une succession de pensées et de comportements,  adoptée régulièrement durant la préparation d’une performance sportive[1]. La routine permet ainsi, par une répétition de gestes, de diminuer au maximum l’imprévu et l’inconnu, qui sont toujours inhérents au sport et souvent critiques dans le haut niveau mais qui peuvent (et doivent !) être en partie maîtrisés. Elle permet notamment au corps de s’habituer à reproduire une performance par une meilleure connaissance du geste adéquat à la situation.
On distingue la routine du rituel qui lui se caractérise par l’ensemble des comportements codifiés, fondés sur la croyance en l’efficacité constamment accrue de leurs effets, grâce à leur répétition.

De mémoire, concernant les rituels, je me souviens des danses des boxeurs thaïlandais avant leur combat, mais aussi de Jason Terry, joueur NBA des Dallas Mavericks, qui dort chaque veille d’avant match avec son short et son maillot de l’Université de Franklin High School à Seattle, ou encore de Jordan qui portait toujours un short cycliste de North Carolina en dessous de celui des Bulls.
Parfois cette routine peut devenir malsaine, à l’image de Darell Armstrong, ex joueur NBA, qui avant chaque match, buvait un bol de café avec 9 sucres et 3 barres chocolatées ! Sachant qu’une saison NBA compte au minimum 82 matchs, ses médecins lui ont demandé de changer rapidement cette pratique !!
Mais si ces routines peuvent impliquer la consommation de certaines substances, parfois naturelles comme le montre ce dernier exemple ou le célèbre jus d’herbe (de gazon) de Tony Parker, elle peuvent aussi déboucher sur le dopage. Je me souviens d'un bouquin de Marcel Desailly (oula!) qui racontait qu'avant les matchs très importants de l'Olympique de Marseille, Bernard Tapie avait coutume de distribuer des pilules "magiques" à ses joueurs. Là je vous recommande de lire mes deux premiers articles sur le dopage dans le sport.
Cette fois-ci nous allons nous intéresser à la reprise marketing de ces routines et rituels.
Que ce soit la boisson énergisante ou la marque de chaussure qui seront, par la grâce des publicitaires, intimement liées aux rites d’un sportif, les routines et rituels des athlètes sont des « appels d’offres » inespérés pour les publicitaires !


De la prière d’avant match de Georges Weah au bisou de Laurent Blanc sur le crâne de Barthez en passant par le Haka de All Black, les mises en scènes des sportifs autour de leur performance, sont des formidables terrains de jeux, sans jeux de mots d’ailleurs, pour les industries liées au sport.
Celle qui me vient en tête, car elle a été énormément exploitée par une célèbre marque de chaussure, est la cérémonie de lancé de talc de Lebron James avant de rentrer sur un terrain.
Cf le petit clip ci dessous, et désolé pour les anti pubs (coupez à la 58 ème seconde, si vous êtes vraiment allergique)


Les rituels peuvent donc devenir de véritables atouts de vente marketing, car ceux liées à l’excellence sont médiatisés, et par effet papillon peuvent devenir une mode, et par la force des choses un succès commercial.
Non pas que je pense que les gamins fans de Lebron vont commencer à balancer du talc avant chacun de leurs matchs, sur les pauvres terrains de France et de Navarre et faire ainsi augmenter le chiffre d’affaire des grossistes de talk , mais je pense par exemple au récent succès des bracelets d'équilibre, que porte d’ailleurs ce joueur.
Ces bracelets, qui sont censés par une étrange alchimie des énergies, rétablir l’équilibre ou encore la circulation sanguine, pullulent sur les poignets des sportifs de haut niveau, après un été seulement, et font dorénavant partie des rites de comportements des athlètes.
J’ai donc fait un bref passage sur des sites sérieux et scientifiques comme ceux de l’irbms[2] pour savoir comment un bracelet contenant un hologramme « magnétique » peut-il agir sur nos récepteurs physiologiques.
Force de constater que ces bracelets auraient surtout un effet placebo et conforteraient nos idoles quand à leur équilibre... Ils s’inscriraient alors dans la lignée du simple gris gris porte bonheur.
On peut donc voir là, un coup de maître des différentes sociétés productrices de ces bracelets, pour avoir créer un besoin et une envie chez le sportif de haut niveau et lui faire croire à des augmentations de performance par le simple ajout d’un bracelet au poignet.
Comme le rappel le site de l’irbms : Ces pratiques relèvent de croyances et de rituels qui visent à accroître la confiance en soi et à juguler certaines angoisses engendrées par la compétition, ce qui nous fait revenir à notre sujet de départ.
Lorsque l’on connaît le pouvoir, parfois spectaculaire, que peut avoir l’effet placebo[3], on comprend dès lors la nécessité de ces routines et rituels, lorsqu’elles sont liées à la répétition de la performance. Quand cette croyance est associée à des idoles sportives puis exploiter commercialement, vous obtenez une poule aux œufs d’or, comme le bracelet d’équilibre, qui rappelons le, coûte une vingtaine d’euros (mazette !).
J’espère avoir était clair, je me suis un peu mélangé les idées lors de la rédaction de cette article. Le cheminement de ma pensée est passé par plusieurs phases, de l’analyse des croyances sportives, aux routines du sportif pour finir sur ce bracelet ! Alors bonne lecture !


[1] http://bdst-bdsc.over-blog.com/pages/LES_ROUTINES_et_RITUELS-1841501.html
[2] http://www.irbms.com/
[3] On sait par exemple que l’on peut, grâce à une poudre quelconque, modifier, par placebo, les paramètres comme la tension artérielle, l’acidité gastrique, le taux de cholestérol ou le nombre de globule blancs. Ce qui montre la sensibilité du système immunitaire à la suggestion.

vendredi 22 octobre 2010

UNE MEDIATISATION POUR UNE ABSENCE DE RESULTATS?

Dans la foulée du dernier article, continuons notre réflexion sur la médiatisation du basket-ball français. Examinons par exemple le bénéfice que pourrait donner un changement des résultats sportifs sur la visibilité médiatique de ce sport en France.
La déferlante médiatique de l'équipe  américaine de basket-ball, la Redeem Team[1]  a renvoyé paradoxalement le basket-ball français à ses difficultés à se faire une place au soleil dans l’espace sportif français que ce soit au niveau de la sélection nationale ou au niveau des clubs professionnels.

                               I) En équipe de France


Selon Jean Pierre Siutat[2] ancien président de la ligue féminine de basket-ball en France et nouveau président de la Fédération Française de Basket-Ball : « Vous savez, au sein même de la Ligue Féminine, on est très attentif aux résultats de l’équipe de France masculine. On sait que c’est fondamental pour le développement de notre sport. »           
En effet le manque de résultats de l’équipe française de basket-ball dans les championnats internationaux semble être un facteur important de la non exposition du basket-ball en France. Lors de mon entretien à Lyon en 2009 avec Vincent Collet, coach de l’équipe de France de basket-ball, nous sommes revenus sur les résultats de la sélection, que Vincent Collet pense déterminants : « Le manque de résultat de l’équipe de France nous est préjudiciable dans l’univers sportif médiatique qui est très concurrentiel, avec une prédominance du football qui écrase quand même les autres sports. Pour se faire une place au soleil, l’équipe de France a beaucoup d’importance.
Par exemple, le handball qui est pour l’instant un sport qui marche moins bien que le notre, avec moins d’affluence dans les salles, arrive malgré tout à avoir des résultats dans les compétitions internationales avec son équipe de France et arrive à attirer de plus en plus l’attention alors que nous pour l’instant nous n' y arrivons pas.
Disons qu’en équipe de France il y a beaucoup de choses réunies. Pour qu’il y ait de l’intérêt médiatique, il faut qu'il y ait des résultats. Je suis persuadé que si l'on va à l’Euro 2009 puis aux championnats du monde en 2010 et que l'on y est pas mal, les médias vont porter de l’intérêt à cette équipe. Parce qu’il y a des Tony Parker, des Boris Diaw, des joueurs qui réussissent plus ou moins en NBA et qui peuvent intéresser la presse s’ils réussissent en sélection. Le grand public qui va beaucoup là où les médias l’emmènent.  Hormis pour le football, où maintenant l’intérêt est séculaire, pour le reste le curseur peut se déplacer rapidement. J’en suis persuadé […] Si Noah vient en équipe de France cet été avec Tony, que l’équipe de France soit bonne et obtienne des résultats, forcément  il va y avoir des reportages. Et là, les gens vont avoir des icônes. Si l’équipe de France va en demi-finale du championnat du monde et que cela est diffusé sur France 2, les gens vont savoir qui est  Parker  et qui est Noah. Là, il va y avoir un retour positif. Après ils pourront peut être se dire: «  c’est pas mal ce sport, ça vaut largement un Lituanie-France en foot à Kaunas où on s’est embêté pendant 90 minutes pour voir une belle action de Franck Ribéry et presque en faire le match référence du football français de ces dernières années. Cela peut leur venir à l’esprit que finalement c’est pas mal. » Depuis on a malheureusement assisté à la défection de Parker et Noah, mais aussi Ronny Turiaf pour ces championnats du monde et la France stagne encore dans la hiérarchie du basket-ball mondial.
Car à l’inverse du football et de sa formidable exposition médiatique lors de l’épopée des Bleus en 1998, le basket-ball n’a pas l’occasion de capitaliser sur une campagne victorieuse dans un championnat du monde, d’Europe ou aux JO. Pourtant le potentiel semble exister, selon le journaliste David Cozette[3] : « En règle générale, l’équipe de France existe par elle-même, en tout cas sur Sport + grâce au public connaisseur, et au public de sport. On vient chez nous pour voir les équipes nationales de basket, hand, volley. Parce que l’équipe de France au Championnat du Monde, ça excite les gens. Le Championnat du Monde au Japon, c’était sur Canal + Premium car c’était pratique pour les créneaux du matin, et ils avaient été très agréablement surpris des chiffres d’audience. En plus, on était sur Canal, donc on touchait un maximum de monde. Les équipes nationales, dans n’importe quel sport, ça marche ! Dès qu’il y a un enjeu fort, ça marche. Si demain l’équipe de France de basket se réveille un peu et va en finale du Championnat du Monde, si on met ça sur France Télévision, il y aura plusieurs millions de téléspectateurs. Même si le Français est râleur, il y a quand même un sentiment de fierté qui existe. Cela peut aller très vite. Le France-Grèce de l’Euro 2005 avait fait l’une des meilleurs audiences de Canal+ tous sports confondus »
Néanmoins, selon l’ancien coach de l’équipe de France, Claude Bergeaud, de bons résultats en équipe de France ne servent à rien, si derrière, les clubs français n’arrivent pas à exister au haut niveau européen : « Personnellement, je ne crois pas qu'il y ait un rapport (entre les résultats de l’équipe de France et le rayonnement du basket-ball). Et on va d'ailleurs s'en rendre compte avec le handball, voir s'ils arrivent à s'en sortir. L'équipe nationale occupe le haut du pavé depuis 12 à 15 ans et ce n'est pas pour cela que le hand a décollé ! Le hand décolle car son championnat tient la route, qu'il a de la visibilité. Mais on ne peut pas imaginer la même situation chez nous avec une équipe de France,(sorte de miroir aux alouettes), et des clubs qui ne font rien. Je suis convaincu qu'il faut passer par plusieurs années de difficultés pour revenir à quelque chose de plus basique ».
Les résultats des clubs français en Euroleague[4] semblent donc être nécessaires et complémentaires des campagnes victorieuses de l’équipe de France.


                                 II)   En euroleague

 

 


Si les clubs français ont existé sur la scène continentale dès les années 70, notamment en Coupe des Coupes (créée en 1967), avec Vichy (1970) puis Tours (1976) qui ont atteint la finale, et Berck qui a été l’un des enthousiasmants trublions de la Coupe des Champions en 1974 et 1975 (demi-finale à chaque fois), leur véritable émergence remonte au début des années 80, inaugurant vingt ans de présence sinon exceptionnelle mais au moins constante et solide. Et parfois, brillante. En 1982, Limoges devenait le premier club français, tous sports confondus, à remporter une coupe européenne (la Korac), puis conservait son titre l’année suivante – alors que l’ASVEL atteignait la finale de Coupe des Coupes. En 1984, l’Élan Béarnais Orthez lui succédait au palmarès de la « C3 » (créée en 1972), avant, en 1987, de se classer troisième de la poule unique de la Coupe des Champions, soit à un souffle de la grand finale continentale. La même année, Limoges ralliait, une fois de plus, la finale de Korac, échouant, en aller-retour, contre le grand Barça. Le CSP se consolait en 1988 en arrachant la Coupe des Coupes à la Joventut Badalone.
Deux ans plus tard, Limoges atteignait le Final Four. La décennie 80-90 avait donc été celle de l’installation dans le paysage européen du basket français.
Le gros résultat fut le titre suprême du CSP, en 1993, acquis aux dépens de la meilleure équipe espagnole en demi-finale (Real Madrid) et de la meilleure équipe italienne en finale (Benetton Trévise). Si Limoges vivait alors au-dessus de ses moyens, sa réussite (nouveau Final Four en 1995), associée au solide parcours de Pau-Orthez dans la même épreuve, faisait du basket français de club un animateur de l’échiquier européen. Enfin en 1996, Pau passait à un rien d’un Final Four à Bercy et, en 1997, l’ASVEL arrivait dans le dernier carré.
Aujourd’hui, les clubs français n’existent plus, ou presque sur la scène européenne. La parenthèse victorieuse des années 82-02 s’est refermée et depuis 2002, aucun club français n’arrive à briller au niveau européen, et par la même occasion ne permet pas d’attirer sur lui les lumières de la médiatisation.

En effet, pour le rédacteur en chef de Sport+, David Cozette, l’intérêt porté au basket en France peut décoller avec une bonne équipe de France mais aussi et surtout avec des bons clubs français : « Il n’y a qu’avec l’équipe de France et l’Euroleague qu’on peut toucher le grand public. Le problème c’est que l’équipe de France, ce n’est qu’une fois par an, donc il faut exister tout le reste de l’année. Et le reste de l’année, ça ne peut être que l’Euroleague ! Tant qu’on n’aura pas de club français qui existe en Euroleague on n’existera pas médiatiquement, rien qu’au niveau du public qui aime le sport. S’il n’y a pas de club français qui marche en Euroleague, on va finir par ne plus exister du tout. ».
La médiatisation du basket français ne semble donc pas pouvoir s’améliorer si en plus de l’équipe de France, les clubs de pro A n’arrivent pas non plus à avoir des résultats dans les compétitions européennes.
On l’a vu, dans les années 80-90, des clubs comme Limoges et Pau arrivaient à exister sur la scène européenne et ce sont durant ces années que le basket-ball était le plus suivi du grand public. Pour Richard Dacoury, ancienne star du basket français[5] : «  Sur le plan européen, aujourd’hui, on n’est plus que des faire-valoir. L’intérêt de Limoges, c’est qu’on allait jouer les yeux dans les yeux contre les plus grandes équipes d’Europe et que parfois on leur faisait peur. Maintenant, on se demande si on va gagner un match dans la saison ! ». Force est de constater que depuis une dizaine d’années, les clubs français qualifiés dans cette compétition, qui sont souvent aux premières places dans le championnat français, n’engrangent que des défaites et n’arrivent pas à se qualifier pour le deuxième tour de l’Euroleague : le Top 16, à part Pau-Orthez en 2007. Sur les cinq dernières saisons,  le bilan cumulé des clubs français (Pau-Orthez, ASVEL, Strasbourg, Le Mans, Roanne et Nancy) sur la même période est de 33 victoires pour 99 défaites. Soit un pourcentage de victoires de 25 %. Et ces nombreuses défaites ne facilitent pas la tâche pour promouvoir ce sport auprès du grand public.
 David Cozette toujours, nous l’affirme : « Si c’est ponctuel on peut se dire “C’est le sport, ça arrive“. Ce qui est embêtant c’est que ce soit systématique. Qu’une équipe ne se qualifie pas, ce n’est pas dramatique, ce qui est dramatique c’est qu’il n’y ait pas d’enjeu jusqu’à la dernière minute du dernier match. Entre les équipes françaises au premier tour et le Top 16, où il y a pourtant des matches formidables, le niveau de l’audience c’est un rapport de 1 à 6 !!! Ce n’est pas moitié moins seulement, ça n’a plus rien à voir ! Parce qu’il n’y a pas d’équipe française. C’est pour ça que, pour nous, c’est crucial parce qu’on sait que s’il y a une équipe française qui marche bien, sur la durée ça va se savoir et là on va vraiment attirer en milieu de semaine du monde qui va se dire “Tiens il y a une équipe française“. C’est pour ça que c’est terrible quand y a 25 points d’écart et que, dès la mi-temps, le match est plié ou que dès la 3e ou la 4e journée, on a l’Euroleague, c’est plus compliqué. Il va falloir qu’il se passe quelque chose parce qu’au bout d’un moment il risque d’y avoir une désaffection. Les fans de basket ne regarderont pas l’Euroleague parce qu’ils auront marre de voir des écarts de 25 points et se diront “Au moins dans le championnat de France le spectacle est sympa, comme ça je ne suis pas frustré le soir en éteignant ma télé“. Il va falloir qu’il se passe quelque chose, sinon nous on va devoir faire des choix, parce que si c’est pour voir des non matches… »
Ces mauvais résultats sont souvent expliqués par les clubs notamment parce que les budgets et la fiscalité ne sont pas les mêmes. Mais il semble exister d’autres raisons. Sur son blog, le journaliste Xavier Grall nous explique[6] : « à mon avis, le mal est beaucoup plus profond, et semble t-il, inavouable par l’ensemble du microcosme du basket professionnel Français : nos joueurs et entraîneurs, ne sont pas au niveau. Nous sommes déçus de nos performances dans les compétitions internationales, parce que nous surévaluons beaucoup trop la qualité de notre Basket. Hormis Tony Parker et Boris Diaw (Cyril Julian ?) nous n’avons aucun joueur de  niveau international. L’Euroleague est la dernière étape avant l’envol des ces futurs grands, le passage obligé pour connaître le vrai haut niveau international. Mais notre équipe de France ne réussit pas à l'atteindre. Nous nous devons d’avoir un grand club d’Euroleague, ce qui ne doit pas obligatoirement signifier Final Four ou Titre de Champion, mais au minimum Top 16 et régularité (dans la victoire) de nos résultats. A l’image de l’Olympique Lyonnais en Football, il nous faut, pourquoi pas, un Lyon-Villeurbanne en basket. Comme le Maccabi Tel-Aviv, le Partizan Belgrade et autre Kaunas, nous nous devons d’avoir un grand représentant de notre championnat. Et comme nous n’aurons jamais l’argent d’Olympiakos, Barcelone ou Moscou, donnons leur chance aux jeunes, des jeunes qui auraient donc déjà une longue expérience commune, une formation de top niveau et un savoir transmis par des joueurs ayant déjà évolués à ce niveau là. »
On revient de nouveau à la question de la formation et du niveau des joueurs, ce que nous confirme Vincent Collet: « la préoccupation du basket français c’est aussi d’être au haut niveau. Si on a la chance rapidement d’être visible, on a aussi du travail à faire au niveau du staff technique, développer la qualité de nos formations, pour que le jour où l’on va être visible faut que ça suive derrière au niveau sportif. » Et Erman Kunter, le coach de Cholet[7] : « Ce que je vais dire est sévère, mais j’estime qu’il n’y a pas en Pro A un seul joueur français qui a le haut niveau ! Quand je dis « haut niveau », c’est le Top 16 de l’Euroleague. C’est pour ça que participer à une coupe d’Europe, c’est important ».
En effet, participer à ces championnats internationaux est important pour améliorer le niveau des joueurs mais aussi pour gagner un public nouveau, comme nous l’explique Thierry Chevrier, directeur sportif de Cholet : « Sur les trois matchs de coupe d’Europe, on a mené des opérations de marketing, toujours ciblées. On recherche un public plus jeune, en provenance des écoles primaires, aussi le prix des places est-il modique. En payant 5 euros, un enfant pouvait inviter au match ses deux parents. Cela a représenté environ 1.200 personnes. La coupe d’Europe, c’est une vraie réussite. J’ai bien vu la réaction du public mardi. Ce n’est pas celle de nos passionnés du samedi soir.
C’est bien car ça fait beaucoup de matchs, il faut trouver un public plus large. Alors, on en profite pour faire découvrir le basket à une population qui n’a pas connu l’épopée de Cholet Basket. »

Un travail sur la formation semble donc être à faire mais cela concerne aussi d’autres aspects du sport professionnel. Tout est un ensemble, et tout peut être amélioré, de la gestion, aux infrastructures en passant par la communication, si le basket français ne veut pas être dépassé dans l’univers concurrentiel des sports collectifs en salle, par le handball comme nous l’explique David Cozette : « il va falloir que l’équipe de France trouve des résultats, il va falloir qu’un club français puisse exister en Euroleague, parce-que le retard est en train d’être grignoter (par rapport au handball). Mais ça prend du temps, donc le basket reste devant. Mais si l’équipe de France de hand continue de gagner des médailles (comme ça semble se dessiner), si Montpellier et Chambéry, qui sont en train de construire des salles, réussissent à aller régulièrement en demi-finales ou en finale de Ligue des Champions ; les télés hertziennes vont se dire “On a vu l’équipe de France il n’y a pas longtemps, tiens on va faire l’effort de montrer la finale de la ligue des Champions“, et cela peut faire un effet boule de neige. Donc si le basket français n’existe pas en club et ni en équipe nationale, oui le basket va, à terme, perdre son avantage et il y aura match nul. »  En effet les droits tv sur l’Euroleague, ont fondu comme neige au soleil entre 2007 et 2008, garantissant 270.000 € et non plus 690.000 € au représentant français, l’affaiblissant d’autant[8].
Si le basket-ball français veut continuer à se développer et attirer sur lui une plus grande médiatisation, il semble donc nécessaire pour lui d’exister au niveau international, à la fois avec l’équipe de France et à la fois avec les clubs professionnels. De plus le basket-ball semble avoir besoin d’entités charismatiques, qui puissent porter ce sport dans la sphère médiatique, et permettre au grand public de s’identifier à lui. Nous verrons ca dans un prochain article!


[1]              La Redeem Team ou rédemption team a été surnommé ainsi car elle a aligné une des plus fortes selection américaine depuis La Dream Team (« équipe de rêve ») pour rétablir les USA en haut de la hiérarchie du basket-ball international.La Dream team était le surnom donné à l’équipe nationale américaine lors des JO de 1992. Elle rassemblait les meilleurs joueurs du championnat nord-américain et elle est généralement considérée comme la plus grande équipe de basket-ball de tous les temps. L’exposition médiatique du basket-ball explosa lors de ces JO notamment grâce à cette équipe. 
   2     BasketNews 432 29 janvier 2009
[3]              Entretien vidéo à consulter sur http://www.airball.fr/Marketing-sportif/David-Cozette-interview-basket-media.html
[4]              Coupe d’Europe entre les meilleurs clubs européens
[5]              Reverse numéro 20, avril mars 2009
[6]           http://www.basketnews.net/asp.net/main.news/details.aspx?id=1116
[7]              BasketNews 439 13 mars 2009
[8]              BasketNews 413, 18 septembre 2009